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Les oeuvres à ne pas manquer
| Zadoc Kahn | |
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| Country of origin | France |
| Birth date | 18 février 1839 |
| Birth place | Mommenheim (Bas-Rhin) |
| Death date | 8 décembre 1905 |
| Death place | Paris |
L'Association Nationale Judaïsme et Libertés vous proposes une sélection de lectures, de vidéos ou de spectacles à ne pas manquer
Zadoc Kahn , Un grand rabbin entre culture juive, affaire Dreyfus et laïcité.
C’est un ouvrage particulièrement intéressant que viennent de publier les Editions de l’Eclat, sous le patronage de la Fondation du Judaïsme Français et avec l’aide de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah sous la direction de Jean-Claude Kuperminc et Jean-Philippe Chaumont..
Il s’agit des actes du Colloque international , consacré à Zadoc Kahn
(1839-1905), qui s’est tenu du 5 au 7 décembre 2005 à l’Institut
historique allemande de Paris.
Zadoc Kahn est probablement le grand rabbin le plus célèbre du 19°
siècle. Il incarne à son plus haut degré le franco-judaïsme. Sa vie
s’est déroulée dans une période très troublée. D’abord la guerre de
1870, la défaite française et le perte de l’ Alsace et d’une partie de
la Lorraine, terres si importantes pour le Judaïsme français, avec
l’arrivée massive de Juifs d’Alsace et de Lorraine qui ont voulu rester
français.
Ensuite, l’affaire Dreyfus, expression d’un antisémitisme virulent et
qui a divisé les Français. Enfin, le conflit entre la République laïque
et les cultes qui a abouti à la séparation des églises et de l’Etat,
peu de temps après le décès du grand rabbin Zadoc Kahn. Dans la tempête
le grand rabbin su tenir ferme le cap, avec une grande dignité.
Très cultivé, il a voulu que les fidèles juifs puissent comprendre la
Bible et que le culte tienne compte de l’évolution du monde
contemporain.
Intéressé par la « Wissenschaft des Judentums » (Science du Judaïsme)
qui s’était développée en Allemagne mais ne pouvait être adaptée telle
quelle en France (notamment à cause de l’hostilité entre les deux pays
), le grand rabbin Zadoc Kahn a créé la Société des Etudes Juives et
son expression, la Revue des Etudes juives, pour permettre une étude
historique et critique des textes sacrés. Cette société et cette revue
sont toujours bien vivantes.
Il a entraîné tout le rabbinat français dans une grande œuvre : la
traduction en français de la Torah, c’est ainsi qu’est née après
plusieurs années de travail la « Bible du rabbinat français ».
Alors que l’on célèbre actuellement le centenaire de la naissance de
l’Union libérale Israélite de France, on s’aperçoit que si Zadoc Kahn
n’était pas mort en 1905, l’Union libérale n’aurait peut être pas vu le
jour, car le grand rabbin avait permis au rabbin Louis-Germain Levy et
à la tendance réformatrice du judaïsme d’avoir sa place au sein de la
synagogue de la rue de la Victoire.
Ses successeurs n’ayant pas eu la même largesse d’esprit, la rupture a
été consommée entre le judaïsme consistorial et le judaïsme réformé et
le rabbin Louis Germain Levy installa la synagogue libérale rue
Copernic.
Le 19° siècle avait aussi été le siècle de la colonisation de l’Algérie
et Zadoc Kahn s’intéressa beaucoup au judaïsme algérien, en l’encadrant
par des rabbins consistoriaux français. Il s’intéressa aussi au
judaïsme tunisien, en tenant compte que la Régence de Tunis n’était pas
devenue française.
En étudiant la vie de Zadoc Kahn on découvre un personnage attachant
et dont l’ouverture d’esprit contraste avec certains comportements
d’aujourd’hui.
Zadoc Kahn , Un grand rabbin entre culture juive, affaire Dreyfus et laïcité.
Bibliothèque des fondations - EDITIONS DE L’ECLAT
La Lettre de père. Une Famille juive de Tunis dans l'enfer nazi
La Lettre de père. Une Famille juive de Tunis dans l'enfer nazi par Frédéric GASQUET (Ed. Le Félin)
Ce livre est intéressant à double titre. D’une part il rappelle que l’occupation allemande en Tunisie de novembre 1942 à mai 1943 fut terrible, notamment pour la communauté juive de Tunisie qui était déjà soumise aux lois discriminatoires du gouvernement de Vichy, appliquées sans nuances par le Résident général, l’Amiral Esteva, et qui vit sa situation s’aggraver. D’autre part l’auteur évoque avec talent, son père, Gilbert Scemla, brillant polytechnicien, qui tenta avec son père, Joseph, et son frère Jean de franchir les lignes allemandes pour rejoindre les Forces Françaises Libres. Ils fu-rent dénoncés par leur «homme de con-fiance» tunisien, déportés en Allemagne, condamnés à mort et décapités en 1944, à Halle. Frédéric Scemla, qui devint Gasquet à la suite du remariage de sa mère avec Louis Gasquet, mariage conforme aux vœux de Gilbert Scemla dans sa «lettre», narre le cheminement de ses recherches, sorte de quête du Saint Graal, pour savoir exactement ce qui s’est passé du jour de l’arrestation de son père jusqu’à celui de son assassinat. Cette «lettre» fut celle adressée par Gilbert Scemla à sa femme le 22 mai 1944 après avoir appris sa condamnation à mort. Elle est d’une très grande élévation et mériterait d’être enseignée dans les écoles. Elle est bouleversante et magnifique et traduit ce qu’étaient les espérances d’un jeune intellectuel de cette époque qui veut que son fils soit un «aristocrate». Ajoutons qu’en tant qu’écrivain, Frédéric Gasquet a beaucoup de talent.
Qu'est-ce que le judaïsme libéral?
"Qu'est-ce que le judaïsme libéral?" - par Pauline BEBE (Ed. Calmann-Lévy)
L’auteur qui est rabbin de la Communauté Juive Libérale de l’Ile de France, récemment installée dans sa nouvelle synagogue de la rue Moufle ,dans le 11e arrondissement de Paris, fait œuvre de clarification en répondant à 70 questions. Elle montre que le judaïsme libéral (ou réformé), qui rassemble dans le monde 1200 communautés et près de deux millions de fidèles, n’est pas une version «laxiste» du judaïsme mais une conception qui prend sa source dans les textes et la tradition juive qui a elle même beaucoup évolué à travers les siècles. Elle montre que ce judaïsme est né au XIXe siècle en Allemagne de la «Science du Judaïsme» et pose deux principes fondamentaux : 1) La révélation divine ne s’est pas arrêtée avec la promulgation de la Torah dite «écrite», la Bible, et de la Torah dite «orale», le Talmud. 2) Le judaïsme a toujours été influencé par le cadre socio-culturel dans lequel il évoluait. Traitant successivement des principes du Judaïsme libéral et de son histoire, de la responsabilité et des commandements, du statut personnel (y compris les conversions), ce livre met en valeur le rôle particulier de la femme, celle-ci pouvant observer les commandements, étudier la Torah, monter à la Torah, faire partie du minian et être rabbin. Les questions du dernier chapitre portent sur les rites et les pratiques (notamment la cacherout), la simplification et la clarté dans le cérémonial, le tout sous le contrôle des tribunaux rabbiniques libéraux. Un ouvrage utile qui montre aux lecteurs que le judaïsme est multiple et que contrairement à ce que certains croient il existe une alternative au courant orthodoxe qui tend, en France, à vouloir imposer sa loi