2009 a été l’année du 25ème anniversaire de la création de Judaïsme et Liberté.
C’est en effet en 1984, que - lassés par la prétention injustifiée du Parti socialiste et des amis de François Mitterrand à représenter à eux seuls l’“ensemble du judaïsme français”- Lucien Finel, Gabrielle Mass, Gérard Leban, Jean-Claude Weill et une poignée d’élus locaux parisiens et de province, gaullistes, centristes, libéraux, se sont joints à moi pour fonder l’Association Nationale Judaïsme et Liberté.
2009 a été l’année du 25ème anniversaire de la création de Judaïsme et Liberté.
C’est en effet en 1984, que - lassés par la prétention injustifiée du Parti socialiste et des amis de François Mitterrand à représenter à eux seuls l’“ensemble du judaïsme français”- Lucien Finel, Gabrielle Mass, Gérard Leban, Jean-Claude Weill et une poignée d’élus locaux parisiens et de province, gaullistes, centristes, libéraux, se sont joints à moi pour fonder l’Association Nationale Judaïsme et Liberté.
Depuis, «JL» (comme nous l’appelons familièrement) a pris sa place dans une communauté juive française quelque peu réticente au début tant cette arrivée bousculait des habitudes de pensées très ancrées. Or nous nous disions que d’un point de vue politique, et à l’instar des autres composantes de la communauté nationale, le judaïsme français n’était pas monolithique et n’était pas le domaine réservé de la gauche.
Ces derniers 25 ans ont été faits de combats difficiles.
Nous nous sommes engagés sans réserve dans la ba-taille politique, de telle sorte que soit clairement marquée la présence du judaïsme en France. Nous voulions qu’on y rende plus aisée la vie juive. Nous voulions rassembler contre un antisémitisme qui a beaucoup évolué depuis mais qui, hélas est loin d’avoir disparu. Et, avec d’autres amis, nous avons fait en sorte que la droite ne tombe pas dans le piège du Front National tendu dans la coulisse par François Mitterrand.
Aujourd’hui ce n’est plus de l’extrême-droite que vient le danger, mais plutôt d’une extrême gauche dont l’ antisionisme rageur flirte en permanence avec l’antisémitisme. Il vient aussi de couches de la population qui tentent de transporter dans notre pays le conflit israélo-palestinien.
Notre combat, nous l’avons mené dans le cadre de notre idée du rôle que le judaïsme doit avoir en France. A ce sujet nous redonnons dans ce numéro, deux documents fondamentaux qui indiquent le sens de notre action: l’ “Appel aux Juifs de France” de mai 1984, qui explique notre création et la Déclaration de l’Association Nationale Judaïsme et Liberté à l’occasion du Bicentenaire de l’Emancipation des Juifs de France, de septembre 1991. Ce dernier texte, soumis à un vote de l’ensemble des adhérents de Judaïsme et Liberté avait été adopté à une quasi unanimité. Aujourd’hui ‘il n’a rien perdu de son actualité.
Pour le 20ème anniversaire de JL en 2004, le Président Jacques Chirac, reçut officiellement l’association dans les salons de l’Elysée et prononça une importante allocution.
Pensant à la lutte contre l’antisémitisme; ayant en mémoire le discours si important de Jacques Chirac en juillet 1995, lors de la commémoration de la Rafle du Vel’ d’Hiv, qui reconnaissait le rôle de l’Etat français dans la chasse aux Juifs et leur déportation; pensant aussi à ce très bel hommage à la culture juive qu’est le superbe Mu-sée d’Art et d’ Histoire du Judaïsme, j’écrivais dans le nu-méro du 20e anniversaire du bulletin de l’association “Notre bilan s’avère positif dans la plupart des domaines, sauf un, celui de l’amélioration des relations entre la France et Israël”.
Reconnaissons que concernant les relations en question, je dus bientôt réformer mon jugement. En effet, le Président Jacques Chirac et Ariel Sharon se rencontrèrent peu après, amorçant dès lors un appréciable rapprochement entre les deux pays. Ce fut, par exemple, la création de la Fondation France-Israël, que préside aujourd’hui notre amie Nicole Guedj. Ce rapprochement s’est encore accéléré avec l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République et le voyage de ce dernier en Israël.
Pour atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée dès l’origine, notre association a eu un allié de poids en la personne de Jacques Chirac. Il n’a jamais fait mystère de sa sympathie pour la communauté juive - une communauté qu’il connait admirablement - de même qu’il n’a jamais trahi ses convictions profondes de rejet de tout racisme et de tout antisémitisme.
C’est pourquoi nous ne lui avons pas ménagé notre soutien, quelles que soient nos options au sein de la majorité présidentielle. Ainsi, par exemple, consultés à l’occasion de l’élection présidentielle de 2002, tous les adhérents de J&L ou presque ont décidé de soutenir Jacques Chirac dés le premier tour. Ces mêmes adhérents, consultés cette fois lors de l’élection présidentielle de 2007 ont décidé par 94,74 % de leurs votes que l’association devait soutenir Nicolas Sarkozy, dés le premier tour.
Profondément antiraciste, il est, lui aussi, un ami d’Israël. Je garde le souvenir de la Première Guerre du Golfe et de ce petit groupe de parlementaires que nous avions formé sous la houlette de François Léotard pour aller à Tel Aviv témoigner de la solidarité de la France avec le peuple d’Israël bombardé par les scuds irakiens. Parmi nous il y avait Nicolas Sarkozy.
J’adresse un grand merci à tous ceux qui ont été avec nous, depuis notre création.
Je l’adresse également à tous ceux qui nous ont rejoint depuis. Mes pensées émues vont à celles et ceux qui nous ont été enlevés par la maladie et la mort. Je ne peux pas, hélas, les nommer tous, mais je voudrais évoquer la mémoire de quelques-uns: Nicole Chouraqui que ses qualités désignaient à un grand avenir politique, mais qui perdit son combat contre le cancer; Me Maurice Slama, qui fut longtemps Adjoint au maire de Nice, (où un boulevard porte son nom) dont la présence nous manque beaucoup; Alain Zerah, plein de talents, qui fut emporté par une maladie rare; Tibère Kremer, de Toulouse, qui fut l’un de nos premiers compagnons et le resta jusqu’à l’année dernière. Et tant d’autres qui les ont rejoints et que nous aimions tout autant.
Notre but est loin d’être atteint. Notre tâche n’est pas terminée. Il faut assurer la permanence d’un judaïsme français dans ce pays que nous aimons, un judaïsme présent en France depuis 2 000 ans et qui, en dépit des vicissitudes de l’ Histoire, lui a beaucoup apporté et a beaucoup reçu d’elle.
Des défis nouveaux nous attendent. Nous comptons sur vous.
Claude-Gérard Marcus
Président de l'Association Nationale Judaïsme & Liberté