65 e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv
Prendre la parole à cette cérémonie n’est pas un exercice facile, tant d’intervenants s’étant déjà exprimés sur ce sujet. François Fillon a réussi à ne pas paraphraser ses prédécesseurs. Son intervention fut très complète, très claire, très précise.
Le Premier ministre a montré combien l’année 1942 avait été douloureuse pour les Juifs de France: «19 000 hommes, 15 000 femmes et 6 500 enfants, dont plus de mille avaient moins de cinq ans, furent victimes de la soumission de l’Etat français à la volonté génocidaire nazie. Philippe Pétain, chef de l’Etat français, Pierre Laval, chef du gouvernement, René Bousquet, chef de la police, n’avaient pas été à l’origine de la solution finale, mais c’esten pleine conscience de leurs actes qu’ils ont choisi de remplir le rôle de pourvoyeurs des camps de la mort. Ces hommes qui dirigeaient la France de la collaboration n’ont droit à aucune circonstance atténuante…. Cette collaboration indigne, ce pacte sombre avec l’occupant nazi, beaucoup de Français en ont ressenti le caractère déshonorant et tragique. »François Fillon parle, après de l’action des Justes: « Redisons le aujourd’hui: derrière les Justes de France, figures exemplaires et reconnues, un large peuple a agi, des églises ont parlé, des voix nombreuses ont protesté qui, pendant l’été 1942, au moment des victoires allemandes en Afrique du Nord et dans le Caucase, ont réussi par leur hostilité marquée aux mesures anti-juives, à freiner la coopération massive instituée entre les polices de rené Bousquet et de Karl Oberg, entre la police de Vichy et la Gestapo … Le Premier ministre a conclu son propos en s’adressant à la jeunesse française : «Il y a soixante cinq ans des responsables de Vichy, des fonctionnaires, des collaborateurs, se sont souillés d’une faute pleine, indélébile. Leur faute n’est pas votre faute. Leur honte n’est pas votre honte. Mais il y a dans leurs actes une horreur qui doit devenir la vôtre, un dégoût qui doit soulever vos cœurs comme il a soulevé le nôtre; non pour vous mortifier, mais pour vous prémunir; non pour réécrire le passé, mais pour entretenir le culte de la vérité ; non pour condamner la France dans son entier, ce qui serait injuste, mais pour exiger d’elle le meilleur; non pour abaisser l’esprit de résistance dont elle fit preuve, mais bien au contraire pour en mesurer la force et le prix. De la Shoah, des survivant sont encore là pour témoigner, mais leur nombre s’amenuise, et bientôt ne resteront que les écrits, les images, les livres d’histoire. Lorsque la voix de ceux qui ont vécu cette tragédie se sera tue, il vous reviendra, à vous jeunesse de France, de prendre le relais de leurs paroles, de leur mémoire. Vous le ferez pour eux, vous le ferez pour la France. Oublier, c’est commencer à mourir… »