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Après le discours du Président Sarkozy devant la Conférence des Ambassadeurs

La presse a très largement cité des extraits de l’importante allocution du Président Nicolas Sarkozy prononcée à l’Elysée le 27 août 2007 devant la Conférence des Ambassadeurs dans laquelle il a clairement défini sa conception de la politique étrangère de la France, mais rares ont été ceux qui l’ont publiée en entier, car elle comprend 17 pages dactylographiées.

Après le discours du Président Sarkozy devant la Conférence des Ambassadeurs

Discours du Président Sarkozy devant la Conférence des Ambassadeurs

Souvent on a tendance à ne retenir qu’une phrase qui fait plaisir ou qui déplait. Par exemple dans ce discours l’affirmation « Je suis de ceux qui pensent que l’amitié entre les Etats-Unis et la France est aussi importante aujourd’hui qu’elle l’a été au cours des deux siècles passés… » ou pour le Proche-Orient «J’ai la réputation d’être l’ami d’Israël et c’est vrai. Je ne transigerai jamais sur la sécurité d’Israël… ». Ces raccourcis peuvent mener à des incompréhensions sur ce qui se passera dans l’avenir, aussi nous paraît-il nécessaire de reproduire ci-après la totalité du texte consacré au Proche-Orient et notamment à Israël et d’examiner ce qui peut en découler. Le Président de la République a rappelé: «Tout a été dit, beaucoup a été tenté à propos du conflit israélo-palestinien. Le paradoxe de la situation est que nous savons quelle sera sa solution, deux Etats - et en ce qui me concerne, je voudrais ajouter : deux Etats-Nations - vivant côte à côte dans la paix et la sécurité dans des frontières sûres et reconnues. Nous connaissons le contenu détaillé de cette solution à travers les paramètres Clinton et le legs de Taba. Nous avions une idée du chemin à parcourir : la feuille de route, qu’il faut certainement revisiter. Nous connaissons enfin les parrains de la paix : les membres du Quartet, désormais représentés par une personnalité de premier plan : Tony Blair, et les pays arabes modérés. Alors que l’on sait tout cela, chacun a le sentiment désespérant que la paix ne progresse pas. On sait ce que l’on doit faire, on sait qui doit le faire, et pourtant cela stagne. Pire, on a parfois le sentiments que la paix recule dans les esprits et dans le cœurs. J’ai la réputation d’être l’ami d’Israël et c’est vrai. Je ne transigerai jamais sur la sécurité d’Israël. Mais tous les dirigeants des pays arabes, à commencer par le président Mahmoud Abbas, qui sont venus nombreux à Paris depuis mon élection, connaissent mes sentiments d’amitié et de respect pour leurs peuples. Que cette amitié m’autorisent à dire aux dirigeants israéliens et palestiniens que la France est déterminée à prendre ou à soutenir toute initiative utile, mais que la France a une conviction : la paix se négociera d’abord entre Israéliens et Palestiniens . Dans l’immédiat, nos efforts, ceux du Quartet et des pays arabes modérés, doivent aller à la reconstruction de l’Autorité palestinienne, sous l’autorité de son Président. Mais il est tout aussi indispensable de relancer sans délai une authentique dynamique de paix conduisant à la création d’un Etat palestinien. Que les parties et la communauté internationale se dérobent à nouveau à cette ambition, et la création d’un «Ha-mastan» dans la bande de Gaza risque d’apparaître rétrospectivement comme la première étape de la prise de contrôle de tous les territoires palestiniens par les islamistes radicaux. La France ne s’y résigne pas… » L’évocation des « paramètres Clinton » et du legs de Taba signifie que ceux qui aujourd’hui croient que la situation actuelle peut perdurer se trompent. S’il y a négociation on sera obligé de revenir aux termes des accords qui avaient été envisagés et qui n’avaient pu se conclure à la suite de l’intransigeance de Yasser Arafat qui ne voulait pas renoncer au «droit de retour» des «réfugiés palestiniens». Cela veut dire que la restitution à l’Etat palestinien de la majeure partie de la Cisjordanie et un éventuel partage de Jérusalem reviendront à l’ordre du jour. Cela veut dire que sera évoquée l’initiative de paix saoudienne, laquelle comporte la reconnaissance d’Israël par le monde arabe en échange de l’évacuation des territoires (ou de la majorité des territoires ) occupés en 1967. Rappelons qu’en 1967 les dirigeants israéliens étaient prêt à rendre ces territoires en échange de la reconnaissance d’Israël par le monde arabe, reconnaissance que le Triple NON prononcé à ce moment par les dirigeants arabes à Khartoum rendit impossible. Nous avons voulu évoquer ces éléments de la déclaration du Président Sarkozy pour que personne ne prétende, plus tard, être surpris. Il n’y aucune contradiction entre cet examen objectif des éléments constitutifs de possibles négociations et la sincère amitié de Nicolas Sarkozy pour Israël ni son souci – qui a toujours été celui de la France - de garantir la sécurité d’Israël dans des « frontières sûres et reconnues ».


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