Conférence de lancement du Projet Aladin
Le 27 Mars 2009 s’est tenu avec un grand succès, à l’UNESCO, le lancement de l’opération ALADIN initié par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah que préside David de Rothschild et qui est dirigé par Anne-Marie Revcoleschi. «Aladin» a pour objet de lutter contre le négationnisme et l’antisémitisme qui en découle et qui sévisse en terre d’Islam.
C’est dans cet esprit que des programmes traitant de l’histoire de la Shoah, de la culture juive, des relations entre juifs et musulmans, des traductions en arabe, en persan et en turc des ouvrages classiques comme «le journal d’Anne Franck » ou les textes de Primo Lévi seront proposés sur les sites: www.aladinproject.org et www.aladin library.org avec l’espoir qu’ils finissent par remplacer, dans les bibliothèques et sur les étales des librairies les sinistres Protocoles de Sion, ou Mein Kampf et d’autres documents néfastes qui circulent dans de très nombreux pays arabes.
Cette première conférence s’est tenue dans le Grand Amphithéâtre de la Maison de l’Unesco et avait pour parrains de prestigieuses personnalités parmi lesquelles étaient présentes: des présidents, anciens présidents, ministres ou anciens ministres, ambassadeurs dont celui d’Israël, le Président du CRIF, responsables religieux, juifs, chrétiens, et musulmans, ainsi que de très nombreux intellectuels, universitaires prestigieux et des journalistes qui par leur présence effective ont apporté leur soutien au projet ambitieux d’Aladin.
Cette manifestation était animée par le journaliste Serge Moati et de très nombreux intervenants d’une très haute tenue. Notamment le Directeur général de l’Unesco Koîschiro Matsuura a émis: «le voeu que l’interculturalité et la diversité permettront une mémoire vivante de l’Holocauste dans un rapport apaisé entre civilisations en promouvant un message universel de tolérance pour les générations futures». David de Rothschild a insisté sur : «la volonté commune des participants de ne pas se résigner devant la prolifération du négationnisme et de l’antisionisme». Anne-Marie Revcoleschi a rappelé : «que le 27 Mars 1942, un premier convoi de déportés se dirigeait vers Auschwitz, que le 27 Mars 1943 un autre convoi allait vers Sobibor et enfin le 27 Mars 1944, le convoi n° 70 emportait 1000 juifs vers la mort et que si nous sommes ici le 27 Mars 2009, c’est pour lutter contre l’insulte faite à la mémoire des morts».
Le Président du Sénégal et Président de l’Organisation de la Conférence Islamique Monsieur Abdoulaye Wade, rappelant que le mot «Aladin» vient de l’arabe, a considéré que la Shoah est un affront à l’humanité et a attaqué avec virulence le révisionnisme.
Le Président Jacques Chirac, parrain du projet Aladin, avait déjà à l’occasion de son discours du 16 Juillet 1995, pendant des cérémonies commémorant la grande rafle du 16 et 17 Juillet 1942, reconnu la responsabilité de la France de cette sinistre période de notre histoire dans son discours. C’est pour la première fois qu’un Président de la République s’est penché sans tabou sur un pan obscur de l’Histoire de France: Vichy et la collaboration. Le Président Jacques Chirac a choisi de s’exprimer à nouveau sur un thème qui lui tient tout particulièrement à coeur: la lutte incessante qu’il mène contre le négationnisme et pour lui
«Aladin" est légitime. «Aladin" en français, «Aladine" en arabe, «Aladine» en hébreu, c’est la lumière, le symbole de cette connaissance à laquelle nous croyons ensemble.» […] «Je veux vous dire que je me reconnais dans votre combat pour rétablir la mémoire de la SHOAH là où elle est niée, là où elle est effacée, là où elle est déformée.» En terminant son allocution le Président Jacques Chirac a affirmé: «Oui, j’adhère avec enthousiasme au projet Aladin parce qu’il fait le pari de la connaissance et de la capacité des deux communautés à se retrouver, à se comprendre et à s’accepter. Aladin c’est un appel au dialogue, à la compréhension mutuelle. L’incompréhension entre les juifs et les musulmans n’est pas inscrite dans leur histoire, ni dans leur religion, dans leur culture. Quand on demandera demain à un enfant musulman ce qu’est un Juif il ne pourra plus répondre par des caricatures et des stéréotypes.
Quand on demandera demain à un enfant juif ce qu’est un Musulman il ne pourra plus répondre par des caricatures et des stéréotypes. Je crois au dialogue des civilisations.» D’autre part la ministre de la Justice Rachida Dati a lu une lettre du président Nicolas Sarkozy soulignant: «l’urgence d’agir contre les falsifications de l’Histoire» ainsi que celle de «renforcer le dialogue interculturel» qui est, a-t-il souligné, le «sens profond» du projet d’Union pour la Méditerranée qu’il a lancé en juillet dernier. La clôture de cette cérémonie s’est achevée par le discours de Madame Simone Veil, Présidente d’Honneur de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, qui a exprimé avec beaucoup d’émotion son espoir qu’«Aladin» ouvrira pour les générations futures un dialogue fructueux et salutaire entre les jeunes juifs et les jeunes musulmans. Un appel à la conscience a été solennellement signé par Madame la Présidente Simone Veil, le Président Jacques Chirac et Monsieur le Président de Sénégal Abdoulaye Wade.
GABRIELLE MASS