Connaissance, curiosité et chaleur humaine
S’il fallait décrire en cinq mots l’accueil réservé par Jacques Chirac à la délégation de Judaïsme et Liberté qu’il accueillait le 18 janvier dernier ce sont bien ceux que l’on choisirait.
S’il fallait décrire en cinq mots l’accueil réservé par Jacques Chirac à la délégation de Judaïsme et Liberté qu’il accueillait le 18 janvier dernier ce sont bien ceux que l’on choisirait.
Répondant au voeu formulé par Claude-Gérard Marcus - approuvé en cela par les responsables nationaux de l’association - l’Ancien président de la République a donc reçu J&L dans ses bureaux de la rue de Lille, à Paris.
L’objet de cette rencontre était de marquer le 25ème anniversaire de la fondation de Judaïsme et Liberté, organisation qui fut fréquemment reçue à l’Elysée, soit à l’occasion de cérémonies officielles soit - plus souvent- pour des réunions de travail : on se rappelle encore la préparation de la Loi Lellouche-Barrot aggravant les peines prononcées pour infractions à caractère raciste, ou le débat sur la laïcité… Il était aussi de remercier à nouveau Jacques Chirac pour les décisions qu’il prit concernant le rôle joué par la France dans l’organisation de la « Solution Finale ». Enfin, il s’agissait également de le remercier pour l’attention qu’il prêta toujours et continue de prêter à Judaïsme et Liberté.
Très pris par son emploi du temps, Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, n’avait pas pu se libérer. Pas plus que Nicole Guedj qui, en plus d’être présidente de la Fondation France-Israël, est la présidente-fondatrice de Casques rouges pour l’action humanitaire d’urgence, ni qu’Albert Guigui, Président de J&L Marseille-Provence, ni Claude Cohen, Président de J&L Lyon-Rhône, ni Jacques Dreyfus, Vice-président du Conseil régional d’Alsace et adjoint au maire de Colmar malgré leur vif désir d’être présents pour l’occasion.
Connaissance donc, car Jacques Chirac connaît fort bien le judaïsme français. Sa fréquentation assidue de nombreux responsables communautaires, religieux ou laïques, en fait un interlocuteur très informé.
Curiosité, car on voit chez lui un réel désir d’en savoir toujours davantage à ce sujet.
Chaleur humaine, car il possède cette faculté de mettre ses interlocuteurs à l’aise, de leur poser de vraies questions, d’écouter vraiment leurs réponses… et d’en tenir compte.
La présence dans la délégation de Dov Zérah, nouveau président du Consistoire israélite de Paris et celle de Jean-Charles Ouazana, professeur d’Histoire à Dijon – dont il est conseiller municipal - fut l’occasion d’un échange particulièrement documenté à propos de « l’antisémitisme primaire », celui dont sont victimes entre autres les communautés juives de l’Est parisien, celui qui se manifeste dans de nombreuses salles de cours et tente d’empêcher les enseignants d’aborder des sujets tels que la Shoah.
Une heure-et-demie d’autant plus enrichissante que de part et d’autre elle était désintéressée.
Jean-Claude Weill