NICOLAS SARKOZY, LE CHOIX DE LA RAISON
Alors que l’heure du choix décisif approche, il est temps de poser les termes du débat de manière dépassionnée. C’est une nécessité, tout particulièrement si l’on veut s’adresser aux électeurs qui se sont portés sur François Bayrou lors ce premier tour. Par Stephen LEQUET
Qu’ils aient pu légitimement être décontenancés par certaines attitudes, décisions ou positions de Nicolas Sarkozy, chacun peut le comprendre.
Que certains d’entre eux envisagent de se reporter sur François Hollande ou de s’égayer dans l’abstention ou le vote blanc, c’est par contre proprement incompréhensible.
Le centre et la droite ont en effet, sous la Ve République, plusieurs décennies d’alliance électorale et d’expérience gouvernementale en commun.
De plus, au-delà de leurs différences, ils ont des valeurs communes évidentes : l’attachement profond à cette certaine idée de la France si bien illustrée par le général de Gaulle, une France forte en Europe et dans le monde, l’engagement pour une Europe unie des Etats pour reprendre l’expression de Jacques Chirac, l’inscription dans la tradition des « républicains modérés, mais non modérément républicains », la fidélité enfin à ce que Georges Pompidou nommait le « conservatisme de civilisation ».
Ce socle commun devrait naturellement les conduire à se reporter sur Nicolas Sarkozy au second tour, mais nous constatons encore trop souvent des réactions épidermiques.
C’est pourquoi nous en appelons à la raison : une élection présidentielle, ce n’est pas un concours de sympathie ou d’antipathie !
Une élection présidentielle, c’est un choix raisonné et raisonnable dans l’intérêt supérieur du pays.
Deux candidats, et deux seulement restent en lice : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Ce sont leurs compétences, leurs bilans, leurs projets, leurs soutiens qui doivent être comparés.
Sur le plan des compétences techniques comme on dit dans les ressources humaines, le match est inégal.
D’un côté Nicolas Sarkozy, Ministre à de nombreuses reprises (Budget, Intérieur, Economie et Finances) et Président sortant, de l’autre François Hollande qui n’a même pas été Secrétaire d’Etat ne serait-ce qu’une minute, fût-ce au « temps libre » pour reprendre le titre curieux d’un ministère créé naguère par la gauche.
Si l’on se tourne vers leurs qualités personnelles, là encore quel contraste entre le volontarisme et la détermination de Nicolas Sarkozy, et l’indécision de François Hollande pointée par Ségolène Royal elle-même comme son principal trait de caractère.
Et le bilan ? Celui de Nicolas Sarkozy est sans conteste celui d’un réformiste actif : réformes des retraites, des hôpitaux, des universités, de la Constitution, de la carte judiciaire, de la carte militaire, du service minimum dans les transports, du RSA, de l’autoentrepreneur…
Quant à François Hollande, il doit pour l’heure se contenter de son bilan à la tête du PS pendant 10 ans, qui l’a révélé comme le champion toutes catégories de la synthèse molle.
Reste le projet. Celui de Nicolas Sarkozy est entièrement axé sur la poursuite du rétablissement de l’équilibre budgétaire, sur la maîtrise des dépenses publiques et des comptes sociaux, sur le rétablissement de la compétitivité de l’économie française, sur la restauration de la valeur travail, sur le maintien de l’ordre public, sur l’attachement à l’identité nationale et républicaine de la France. De plus, son projet est précisément chiffré.
Celui de François Hollande semble pour des raisons étroitement politiciennes s’affranchir du réel et s’écarter de l’intérêt national, promettant la fermeture de 24 centrales nucléaires au prix de l’indépendance de la France et au détriment de la facture énergétique des ménages, proposant la création de 60 000 postes dans l’éducation nationale sans aucun souci des réalités budgétaires, défendant le droit de vote des étrangers au risque de vider de toute substance la nationalité elle-même… La liste des inepties déguisées en propositions est encore longue !
Les soutiens enfin. Là encore, nul n’est tenu d’apprécier toutes les personnalités de la majorité. Mais comment des électeurs centristes ou modérés pourraient préférer à celles-ci les khmers verts d’Eva Joly, les nostalgiques de la Terreur et du totalitarisme communiste réunis autour de Jean-Luc Mélenchon, l’aile gauchiste du PS rassemblée autour de son porte-parole Benoit Hamon, la dame des 35 heures Martine Aubry, les revenants du mitterrandisme comme Laurent Fabius ?
De ce point de vue, un élément qui ne trompe pas est toujours celui du positionnement à l’égard d’Israël. C’est même un véritable sismographe de la modération et de l’attachement à la démocratie libérale. C’est sans doute pourquoi l’on trouve tant d’amis d’Israël au centre et à droite, au premier rang desquels se trouve évidemment Nicolas Sarkozy.
Bien entendu nous ne nions aucunement la présence d’amis sincères de l’Etat Hébreu au PS, mais nous ne pouvons nous empêcher de noter la forte influence à gauche des détracteurs compulsifs d’Israël, au premier rang desquels les Verts, avec Eva Joly qui confond Gaza et les camps de concentration, les communistes, ou l’ineffable Stéphane Hessel qui soutient François Hollande.
Hippolyte Taine écrivait que « la raison comme la santé n’est en nous qu’une réussite momentanée ».
Puissent les électeurs français choisir de lui donner tort en privilégiant une raison durable !