Le nouveau "Manifeste de Judaïsme & Liberté"
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Pourquoi un nouveau Manifeste ?
A l'occasion du 25e anniversaire de Judaïsme et Liberté nous avions publié les deux textes fondamentaux qui encadraient notre action: l' "Appel aux Juifs de France de mai 1984" et "La déclaration de l'Association nationale Judaïsme et Liberté" à l'occasion du bicentenaire de l' Émancipation des Juifs de France. Les principes de base énoncés dans ces deux textes restent parfaitement valables mais le contexte a évolué surtout par rapport à l' Appel de 1984. En 1984 la « guerre froide » régnait dans le monde et la menace soviétique était omniprésente. En France, le communistes participaient au pouvoir exercé par M. Mitterrand. En Union soviétique les Juifs étaient persécutés et il fallait venir en aide aux "refuzniks". Les refuzniks étaient persécutés en Union Soviétique et les communautés juives du monde entier se préoccupaient de leur survie.
En 2011, le communisme n'est plus qu'un (mauvais) souvenir. Les Juifs qui le voulaient ont pu quitter la Russie et, malheureusement, à part au Maroc, la présence juive a disparu du monde arabo-musulman.. Des Juifs, à ce moment, existaient encore dans des pays tels que le Liban, la Syrie,la Tunisie, le Maroc et l'Iran.
Tout cela a conduit le Bureau de l'association à demander à Stephen Lequet et à Michel Hannoun de préparer un nouveau texte plus conforme à la réalité d'aujourd'hui.
Ce fut fait et après des consultations multiples un nouveau texte du Manifeste de Judaïsme et Liberté a été présenté par Stephen Lequet. Soumis au vote des adhérents de l' Association il a été approuvé à une écrasante majorité.
LE NOUVEAU MANIFESTE
Le judaïsme est présent sur le territoire de la France depuis près de 2000 ans.
Aux vieilles communautés du Comtat Venaissin, de Bordeaux ou de Bayonne, d’Alsace-
Lorraine, se sont greffés harmonieusement lors du siècle écoulé les apports des populations
originaires d’Europe centrale et orientale, de l’Empire Ottoman et d’Afrique du Nord.
Tolérée depuis les Edits de Louis XVI en 1788, émancipée par le vote de l’Assemblée
Constituante le 27 septembre 1791 qui a conféré la nationalité et donc l’égalité aux Juifs de
France, organisée par Napoléon 1er, après la réunion de l’assemblée des notables juifs de
l’Empire français et du Royaume d’Italie et celle du Grand Sanhedrin sous la présidence du
Grand Rabbin Sintzheim, la communauté juive est une composante à part entière de l’identité
nationale française. Outre leur apport à tous les secteurs socio-économiques, à la culture et à
la recherche, les Juifs ont gagné leur place dans notre roman national par leur participation
active aux conflits armés que la France a dû affronter.
Le judaïsme français est évidemment pluraliste sur le plan politique, religieux et spirituel.
L’Association nationale Judaïsme et Liberté réunit, pour sa part, depuis plus d’un quart de
siècle, des élus nationaux et locaux, des militants et sympathisants du Centre et de la Droite.
Fondée en 1984, dans le but de combattre la prétention de la gauche à être le « représentant
naturel » de la communauté juive, elle s’est engagée avec vigueur lors de toutes les élections
nationales. Judaïsme et Liberté a notamment participé activement aux campagnes
présidentielles de Jacques Chirac en 1988, 1995 et 2002. Elle a décidé, en 2007, de soutenir la
candidature de Nicolas Sarkozy.
Mouvement associé à l’UMP, elle relaye auprès de la majorité présidentielle et des
institutions politiques les aspirations des Juifs de France, et sensibilise ces derniers aux
propositions de notre mouvance politique.
Membre du CRIF, elle y défend la vision d’une communauté juive pluraliste, dans ses
croyances et valeurs, ouverte sur les autres familles spirituelles de notre pays. Refusant le
repli communautaire et le désinvestissement de la sphère publique, elle agit pour que les Juifs
de France participent activement à notre vie civique.
Judaïsme et Liberté porte sur la politique française un regard inspiré des valeurs du judaïsme
et s’inscrivant dans le principe dina de malkhouta dina (la Loi de l’Etat est la Loi). Attachée
de ce fait à une société de liberté et de responsabilité, au respect de la loi et des institutions, à
l’universalisme et à l’humanisme, elle s’engage pour la défense des libertés fondamentales et
des principes républicains, la promotion de la Démocratie libérale et des Droits de l’Homme,
la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.
Pour nous, la liberté ne se partage pas, que ce soit la liberté de penser, de s’exprimer, de
pratiquer son culte, de circuler, d’entreprendre ou d’enseigner. Nous considérons que la
liberté est inséparable de la justice sociale comme le commandement de la Tsedaka nous
l’enseigne, du rôle irremplaçable de la famille si centrale dans la Tradition juive, ainsi que de
la sécurité sans laquelle elle n’est que promesse illusoire. Judaïsme et Liberté perçoit la laïcité
comme un principe éminemment moderne, protecteur de la liberté religieuse et clef du vivre ensemble
dans une société fraternelle et multi-confessionnelle.
Dans le monde globalisé et troublé du 21ème siècle, Judaïsme et Liberté prône le resserrement
des liens entre les pays démocratiques, notamment au sein de l’Alliance atlantique et de
l’Union européenne, et la prise en compte des Droits de l’Homme dans la définition de la
politique étrangère française.
A ce titre, elle salue le rapprochement initié il y a quelques années avec Israël, seule
démocratie du Proche-Orient, et souhaite que soient développés dans tous les domaines les
liens qui unissent nos deux pays. Si pour notre association l’avenir du judaïsme français est en
France, nous ne sommes pas indifférents au sort de ceux qui ont décidé de vivre en Israël,
pays de la promesse biblique et refuge des survivants de la Shoah. Nous espérons qu’Israël
puisse prochainement vivre en paix, dans des frontières sûres et reconnues, et souhaitons que
la France et l’Union européenne contribuent activement à garantir un futur accord de paix.
Judaïsme et Liberté combat le racisme, l’antisémitisme, le révisionnisme et le négationnisme.
Elle refuse toute banalisation d’une extrême droite qui a amplement fourni les preuves, au
cours de notre histoire, du danger qu’elle représente pour notre pays.
Elle dénonce, avec la plus grande vigueur, la nouvelle judéophobie qui se dissimule bien mal
sous le masque de l’antisionisme. Au nom d’un anti-impérialisme de pacotille, d’un
anticolonialisme à contre-emploi, d’un pseudo-pacifisme à sens unique, certains éléments de
la gauche et de l’extrême gauche française renouent en effet avec un discours hostile aux Juifs
et à Israël, les conduisant parfois à une complaisance envers le terrorisme aimablement
qualifié de résistance et à une volonté de déni des actes antisémites en France.
Nous déplorons que la gauche modérée, trop souvent engluée dans le complexe postcolonialiste
et dans la fascination pour la radicalité politique, n’ait pas toujours manifesté la
vigueur nécessaire dans la condamnation de l’antisionisme de forces politiques qui
appartiennent au camp autoproclamé du progrès.
Pour notre part, nous sommes plus que jamais déterminés à manifester l’engagement du
judaïsme français au service de notre pays, la France. Dans ce but, nous appelons à nous
rejoindre tous ceux qui veulent combattre toutes les formes de racisme et d’antisémitisme,
fussent-elles prétendument « progressistes », qui refusent tout rapprochement et toute
complaisance envers l’extrême droite, qui entendent s’opposer à l’archaïsme et à la
démagogie de la gauche, qui veulent soutenir l’action réformiste et républicaine de la majorité
présidentielle, qui désirent s’engager pour une société libre dans une France fraternelle.
Rejoignez-nous !