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Jacques CHIRAC: célébration du 60ème anniversaire du CRIF
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(…)En 1791, l’Assemblée constituante leur accorda la citoyenneté, les unissant ainsi à la République. Sans cette histoire, sans cette affection et cette confiance mutuelles, sans l’apport spirituel, intellectuel et moral des Juifs, notre pays ne serait pas ce qu’il est. Ils ont donné à la France leur culture, leurs traditions, leurs talents. La France leur en est reconnaissante. Elle est fière de ses citoyens juifs, consciente de ce qu’elle leur doit et déterminés à leur assurer la liberté, la sécurité et la dignité auxquelles ont droit tous ses enfants…
(…) C’est dans cet esprit, qu’avec le Gouvernement, j’entends combattre sans répit, sans faiblesse, sans silence, le négationnisme dont nous connaissons bien toutes les résurgences et toutes les ramifications, tous les masques et tous les artifices. Avec toute la rigueur des lois que le Parlement vient encore, à juste raison, de renforcer, nous pourchasserons et nous sanctionnerons, partout où elle s’ex -prime, cette haine dont aucune conscience ne peut s’accommoder.
(…)La République doit à tous ses enfants la protection de la loi. L’antisémitisme est contraire à toutes les valeurs de la France. Il est insupportable. Les actes antisémites doivent être combattus sans relâche et punis avec la plus grande sévérité. Personne, en France, ne doit pouvoir être agressé à cause de son origine ou de sa religion. Dans notre pays, qui est celui des droits de l’Homme, personne ne doit souffrir pour ce qu’il est. Tous nos compatriotes, d’où qu’ils viennent, quelles que soient leur histoire et leurs croyances ont leur place dans cette maison commune qu’est la République française.
(…) Et je voudrais dire, solennellement, ce qui, pour moi est une exigence profonde. Dans notre République, respectueuse de toutes les diversités, mais République une et indivisible, nul, au motif de ses racines ou de ses croyances, n’est fondé à se prévaloir, pour lui ou sa communauté, de droits particuliers; à s’exonérer des devoirs qui s’imposent à tous; à réclamer pour sa propre communauté quelque chose qui ne soit pas légitime pour l’ensemble de ses compatriotes. L’Etat ne s’adresse pas à des communautés, mais à des citoyens. Notre seule communauté, ne l’oublions jamais, c’est la communauté nationale.